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Lunatic Age


Allez savoir pourquoi, on s’attache souvent aux détails et donc aux pochettes de disques. Les pochettes ont un double, voire même un triple intérêt pour les observateurs obsessionnels que nous sommes : elles nous renseignent objectivement tout autant que subjectivement sur un individu ou un groupe d’individus et elles définissent esthétiquement un projet.
Lunatic Age doit une partie de sa reconnaissance à l’une de ces pochettes psychanalytiquement disséquées. Celle de Miranda.
Après Sous X deux ans auparavant, Miranda avait donc d’abord attiré notre attention par sa pochette.
Jugez plutôt : un escalier qui finit dans la pénombre, une fille assise, deux longues jambes élégantes, pas de visage, un corps mince et vaguement lascif, une robe floue : tout cela en disait beaucoup symboliquement sur le groupe et sur sa musique. Mais aussi très peu finalement. Qui étaient ces types qui de surcroît faisaient fusionner avec un égal bonheur les héritages croisés de Tool et de New Order, de Depeche Mode et de Cocteau Twins; et qui mélangeait avec une autorité rarement rencontrée par ici le metal le plus abrasif et la pop la plus savante.

2004. Lunatic Age a le bon goût de trouver le juste titre : Peau Neuve. Tu parles. Plus qu’un constat, une invitation. La mue comme partie intégrante de l’évolution musicale. Mieux, comme socle de cette évolution. Gageure. Pari. Ambition. En premier lieu, les textes. Eux, tellement nourris de références anglo-saxonnes, ils ont écrit en français. Avec richesse, maîtrise et talent. Ensuite, la musique. Le groupe continue de labourer son sillon mais avec plus de cohérence et d’à propos qu’auparavant. Les mélodies sont plus élaborées, plus sophistiquées mais dans le même temps, Lunatic Age a appris les vertus du «Less Is More» et offre désormais une vision édulcorée de son travail. Comme toujours dans ces cas-là, l’efficacité y gagne ce que la confusion y a perdu. Bref, Lunatic Age est une belle machine dont Peau Neuve va constituer pour un moment le fuel idéal. Oui, une machine. Une machine affûtée, rigoureusement au point, parfaitement réglée (allez donc les voir sur scène pour — dans l’ordre que vous voudrez — prendre une claque dans la gueule et aussi une leçon de modernité) ; mais avant tout une machine à fabriquer des sensations et des émotions, c’est là le plus important.

Lunatic Age est exactement ce qui manquait au rock .

lunaticage

 Samedi 15 octobre 2005 - Place de la république - 22.00 > 24.00

Les horaires de passage sont publiés sous réserve de modification.